
Réputé pour ses plages et ses stations balnéaires emblématiques, le Département de l’Hérault veut désormais révéler son potentiel touristique au-delà du littoral. Pour répondre aux nouvelles attentes d’une clientèle en recherche d’authenticité et de nature préservée, et contribuer au développement socio-économique des secteurs ruraux, le territoire est à la recherche d’investisseurs et de porteurs de projets prêts à développer une offre diversifiée d’hébergements, de restauration et d’activités durables à l’intérieur des terres.
Au-delà du littoral, un patrimoine naturel riche et préservé
La Grande-Motte, le Cap d’Agde… La mission Racine a profondément modelé certaines parties du littoral du département de l’Hérault. La mission interministérielle pour l’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon (1963-1982) a très largement contribué à l’essor du tourisme héraultais, auprès de clientèles métropolitaines et internationales, principalement européennes (Hollande, Belgique, Allemagne…). Elle a aussi souligné les déséquilibres avec l’intérieur des terres.
« C’est bien simple, 85 % des flux touristiques sont aujourd’hui concentrés sur le littoral et le rétro-littoral », explique Jean-Louis Gély, vice-président du conseil départemental, délégué au tourisme. Or l’Hérault, troisième département touristique de France par le nombre de nuitées (57,2 millions en 2024), est un territoire extrêmement protéiforme. Il est, par exemple, le premier du pays en nombre de Grands Sites de France labellisés par le ministère de l’Écologie, à raison de leurs paysages et de leur biodiversité, préservés. Du cirque de Navacelles à celui de Mourèze, en passant par le lac du Salagou, les Gorges de l’Hérault, la cité de Minerve ou les écluses de Fonseranes sur le canal du Midi, le département regorge de sites exceptionnels.
Outre ces têtes de proue, le territoire profite également – via, notamment une trentaine de domaines départementaux – de quelque 9 400 hectares d’espaces naturels sensibles ouverts au public. Près d’un quart de son territoire est aussi couvert par le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, dominé par le massif du Caroux. Celui-ci offre une diversité et une qualité paysagère, patrimoniale et culturelle exceptionnelles. De quoi largement répondre aux attentes d’une clientèle plus sensible que jamais à la préservation de l’environnement. Mais aussi adepte de slow tourisme et de solutions de mobilités douces. Le tout en travaillant au rééquilibrage du territoire.
Les atouts d’une offre riche et diversifiée
Une pluralité de pôles thématiques contribue à architecturer l’offre touristique héraultaise. La vigne et le vin, via sept destinations labellisées Vignobles & Découvertes et l’Œnotour, marque départementale, avec 154 « caveaux étapes » labellisés, 21 routes des vins, 27 « œnorandos » et bientôt plusieurs « œnovélos ». Le « Conchylitour », pour les activités ostréicoles autour de l’étang de Thau, illustre ce que les filières agricoles peuvent apporter à l’économie touristique et en retirer à leur tour de positif.
La culture – patrimoniale, monumentale, historique, muséale, artistique, événementielle – foisonne également dans l’Hérault à toutes les saisons. Elle constitue un puissant facteur d’attractivité que le Département a choisi de mettre de plus en plus « en tourisme ». La géologie n’est pas en reste. Avec le Géoparc « Terres d’Hérault », porté par le Département, en quête du label de l’UNESCO à l’horizon de 2026 (Il serait le septième en France), ce sont 540 millions d’années d’évolutions géologiques sur 2 000 km² qui vont être magnifiées. Les sites concernés sont reconnus par les scientifiques du monde entier.
La santé – au sens large – est un autre axe de développement. Le Département ambitionne de construire une offre « bien-être ». Celle-ci inclut et dépasse le cadre des trois stations thermales existantes. Elle s’appuie sur des services liés à la nutrition, la méditation, le fitness, le sommeil… Enfin, « un focus est également mis sur l’offre ‘‘outdoor’’ dans l’Hérault, qui est absolument fantastique, diversifiée et parfaitement en phase avec les attentes d’une clientèle à la recherche de grands espaces naturels préservés », affirme Jean-François Pouget, directeur général d’Hérault Tourisme.

Pour un tourisme « 4 saisons »…
« Cette profusion d’attraits et l’écosystème qui l’accompagne, à la diligence des collectivités – voiries et cheminements divers, mobilités douces et décarbonées, signalétique et sécurisation, information et marketing – permettent de raisonner en termes de parcours plutôt qu’en termes de spots. Cela favorise l’étalement de la fréquentation touristique dans l’espace et dans le temps. Et cela réduit les phénomènes de concentration à certains moments de l’année », explique Jean-Louis Gély. « Nous devons aussi tenir compte d’un solde migratoire positif, qui peut et doit davantage impulser le tourisme de proximité », poursuit-t-il. Une opportunité de renforcer un tourisme de courts séjours et sur les week-ends. Complémentaire des pratiques de haute saison… il est indispensable pour favoriser le développement de l’intersaison !
« En parallèle, nous enregistrons depuis quelques années une progression des clientèles sur le printemps et l’automne. Et, plus récemment, sur l’hiver, notamment les clientèles internationales », explique Jean-François Pouget. Une tendance de fond sur laquelle le département souhaite capitaliser. Deuxième capitale de la région Occitanie, Montpellier accueille également de nombreux congrès d’envergure. Cela permet de susciter un tourisme d’affaires. C’est un autre facteur d’attractivité pour le territoire. Il aspire à voir ces professionnels revenir en famille pour leurs vacances… et relayer leur expérience dans leur entourage !
… durable, innovant, et inclusif
Autre atout du territoire : la possibilité de se déplacer facilement sans voiture. Du train au bus, en passant par les circuits vélos et autres itinéraires, l’Hérault propose un maillage exceptionnel et toujours évolutif. Il est en phase avec les attentes des adeptes du slow tourisme, de la randonnée pédestre ou équestre, ou du cyclotourisme. Deux chiffres résument cette dynamique : 4 000, soit le kilométrage consolidé des voies dédiées aux déplacements « doux » ; 302, soit le nombre actuel – et en croissance continue – de professionnels labellisés « Accueil Vélo ».

« Cet essor de l’itinérance en modes doux doit s’accompagner d’une nouvelle offre, notamment en matière d’hébergements de groupe », souligne Isabelle Dhombres. Niché dans le massif surplombant les Gorges de l’Hérault, l’écogîte La Bergerie des Rêves, qui peut accueillir jusqu’à 15 personnes tout au long de l’année « avec un taux d’occupation plus que satisfaisant », symbolise cette volonté de développer des lieux de qualité destinés à des groupes de 15 à 20 personnes. Le Département souhaite aussi soutenir les projets proposant de nouveaux modèles économiques, autour de concepts novateurs mixant différentes activités et publics. On compte déjà de belles réussites avec des projets hybrides qui s’adressent à plusieurs types de clientèles, voire aux habitants. C’est le cas, par exemple, de certains projets haut de gamme qui proposent de l’hébergement mais offrent aussi la possibilité de recevoir des séminaires d’entreprises… ou encore de lieux d’exception rénovés pour accueillir de l’hôtellerie 4*, avec une offre gastronomique voire, dans certains cas, une offre de formation aux métiers de l’hôtellerie ou de la restauration.
Le Département de l’Hérault est également en pointe en matière de tourisme social et inclusif. Il met en place des dispositifs allant de l’aide à la pierre jusqu’au déploiement des labels « Tourisme et Handicap » et « Destination pour tous ». En 2023, il a accueilli quelque 130 000 vacanciers dans des établissements labellisés VACAF (dispositif de la Caisse d’Allocations Familiales) ou UNAT (Union nationale des associations du tourisme). Cette offre de tourisme social doit se développer pour répondre aux nouveaux besoins. Elle se repositionne pour diversifier ses clientèles et ainsi conforter ses taux d’occupation. En atteste le village-vacances du Lazaret, à Sète, en activité depuis… 120 ans. Connu pour son engagement, il accueille une grande variété de publics tout au long de l’année : familles, groupes scolaires, séniors, associations, entreprises. Il enregistre un taux d’occupation élevé. « Sa démarche éco-responsable, ainsi que ses investissements dans des équipements de qualité et modulables, lui permettent, en outre, de s’adapter rapidement aux besoins de ses clients », commente Isabelle Dhombres. Elle souligne également « (son) intégration dans l’écosystème territorial, avec de nombreuses collaborations d’entreprises et d’acteurs associatifs locaux ».
Un territoire structuré et prêt pour un tourisme d’avenir
Cet écosystème est un terreau idéal pour les investisseurs et porteurs de projets souhaitant s’inscrire dans cette dynamique territoriale. Il permet de proposer une offre « 4 saisons » susceptible de compléter la proposition touristique existante, notamment en matière d’hébergements et de restauration.
En collaboration avec l’ensemble des acteurs territoriaux – publics et privés -, le Département est pleinement engagé pour un aménagement touristique cohérent. Il œuvre à attirer des investisseurs et des porteurs de projets, dont il assure la mise en contact. Au niveau de l’agence Hérault Tourisme, tout est mis en œuvre pour encourager les synergies entre collectivités locales et favoriser la mise en relation des nouveaux acteurs avec l’écosystème existant.
De nombreuses opportunités de développements existent sur le territoire. Elles concernent notamment des projets de chambres d’hôtes, de gîtes, de petite hôtellerie rurale, de petits campings ou encore d’hébergements insolites, en pleine expansion. Isabelle Dhombres précise : « Nous accompagnons activement les porteurs de projets pour leur intégration dans l’écosystème local et pour maximiser leurs retombées économiques ».
Qu’il s’agisse de valoriser des sites naturels exceptionnels, de développer un tourisme à impact social ou de diversifier l’offre d’hébergements, le Département de l’Hérault joue la carte de l’innovation et de la coopération. Un appel clair est lancé aux investisseurs et porteurs de projets : ici, l’avenir du tourisme se construit en harmonie avec les territoires… et en beauté.